• ₪Colorful / Karafuru

    un film de Keiichi Hara

          mercredi 16 à 19h30

  • Animation

    Japon, 127mn, 2010.

    musique : Kow Otani
    son : Akira Okuma
    montage : Toshihiko Kojima

  • Un esprit gagne le droit d’avoir une seconde chance de vivre et d’apprendre de ses erreurs. Il est transféré dans le corps d’un adolescent qui vient de se suicider. Il va apprendre petit à petit le sens de cette expérience.


    Critique de Catherine Rio, membre du Comité de sélection
    Le Festival international du Film d’Animation d’Annecy 2011 a primé ce long-métrage qui s’est immédiatement imposé à moi comme un film qui devait être montré au Festival du film d’éducation… En effet, s’il se situe bien dans la culture japonaise, il prend très vite une valeur universelle. Le titre Colorful renvoie à la richesse de la vie plutôt qu’à un spectacle visuellement coloré. La diversité des couleurs est une manière de dépeindre les différentes facettes des personnages, de leurs émotions, des personnages bien caractérisés qui évoluent en se heurtant les uns aux autres. D’habiles plans subjectifs dès le début du film viennent directement interroger le spectateur, son regard sur le monde, ainsi que sa place et sa responsabilité.
    L’histoire, construite sur la croyance en la réincarnation après la mort, dépasse très vite cette croyance pour nous entraîner dans une aventure vécue par le jeune héros et conduit naturellement à l’idée que tout n’est pas joué dans la vie, il y a toujours une possibilité de reprendre et éventuellement changer le cours des choses. La réincarnation devient simplement une manière de prendre son destin, sa vie en main. On débouche donc sur des valeurs positives mais émergeant d’une peinture plutôt noire de la vie en société : peinture d’une cellule familiale, d’un monde où chacun est isolé, coupé de véritables rapports humains. Il est question de suicide d’adolescent, de prostitution, d’humiliation… Mais le personnage affronte cette réalité et va à la rencontre des autres.
    L’originalité de ce choix d’histoire par la réincarnation permet d’alterner les points de vue. On vit l’histoire avec le personnage de l’ado réincarné qui doit se glisser dans ce qu’il pense être la vie d’un autre, mais lui-même a à vivre cette vie désormais. Avec lui et avec l’aide d’un petit personnage très original qui est censé jouer le rôle de guide, de conseil et qu’il est seul à voir et à entendre, on cherche aussi à comprendre de l’extérieur ce qui a pu conduire Makoto au suicide. Il faut toute l’histoire et les étapes du film pour que ces deux personnages n’en fassent plus qu’un. Tous ces épisodes, à partir du questionnement du suicide d’un ado, nous conduisent à observer l’ado dans sa famille, son rapport à sa mère, sa dureté à l’égard de cette mère qu’il juge, à son père qui semble si lointain et dont il se rapproche vers la fin. Au collège, les brimades et persécutions entre ados, le grand frère étudiant qui travaille beaucoup. L’enjeu des études, primordial au Japon, permet de poser les questions d’orientation, le choix du lycée privé ou public pour la poursuite des études. Un frère capable de sacrifier une année de ses chères études pour son jeune frère… La place de l’enseignement artistique et de la pratique des arts, les questions liées à la mixité, la sexualité des adolescents confrontée à celle des adultes… La question de l’image de soi face aux autres, sans oublier celle du monde virtuel et des rencontres sur le web… Autant de questions suggérées au spectateur qui construit lui-même ses réponses ou se laisse tout simplement interroger. L’émotion est toujours proche mais on ne sombre jamais dans le pathos et même si le cinéma d’animation n’hésite pas à faire jaillir de grosses larmes des yeux de ses personnages, la distance est toujours possible et même habilement suggérée. Dans une grande scène d’émotion du repas familial où enfin, « on parle »…c’est-à-dire qu’on ose dire des choses qu’on gardait pour soi et qu’on ne pensait pas pouvoir exprimer… le grand frère que nous voyons de dos alors qu’on voit les visages baignés de larmes de face, se retourne vers le spectateur et attrape une boite de kleenex qu’il semble sortir de la salle de cinéma… effet comique garanti, qui empêche toute complaisance dans les larmes…
    Colorful est une oeuvre intelligente et belle à l’animation/ réalisation soignée traitant avec respect son audience. Technique(s) utilisée(s) : dessin sur papier, ordinateur 2D/3D.
    Catherine Rio, membre du Comité de sélection
  • distribution : Eurozoom / Hélène Vasdeboncoeur
    adresse : 22 rue La Fayette, 75009 Paris, France
    téléphone : +33(0)1 42 93 73 55
    courriel : helene(at)eurozoom.fr
    www.eurozoom.fr

retour à la grille horaire

  • Les Ceméa coordonnent l’organisation du Festival,
    animé par un comité de pilotage des partenaires locaux et nationaux.
En partenariat
Avec le soutien de
Avec la participation de
Avec le parrainage