Le Festival du film d’Éducation


C’ est d’abord un festival de cinéma! Autour de l’Éducation, des films, des débats, des initiatives lycéennes‚  rassemblent la communauté éducative‚ les réalisateurs‚ les spectateurs... sur un regard soucieux de l’avenir de l’Éducation.
 Quand l’Éducation s’occupe de cinéma, elle participe à la construction de jeunes citoyens critiques face à toutes les images, dans lesquelles ils sont Immergés.Quand le cinéma s’occupe d’éducation, il participe à la construction d’une société humaine plus intelligente et solidaire.

Christian Gautellier

Directeur du festival


    • Festival du film d’éducation : du plaisir à évoquer autrement des sujets graves
    • Article de Tout Educ du jeudi 4 décembre 2014

  • "Je leur apprends ce que c’est qu’un C.O.D. et ils ne savent pas ce que c’est qu’un coquelicot, ça m’affecte énormément." Cette belle formule d’un professeur des écoles, tirées d’un des films en compétition au "festival du film d’éducation d’Evreux", pourrait en résumer tout le propos, faire la part du rêve et celle du réel. Comme le souligne Jean-Luc Cazaillon, directeur général des CEMEA qui l’organisent, le cinéma permet "d’appréhender les questions éducatives avec d’autres moyens que ceux dont nous disposons habituellement". C’est l’essence d’un mouvement d’éducation populaire de parler d’éducation, et pourquoi pas à partir d’un autre support que l’écrit ou le discours ? Le film permet aussi "d’échapper aux débats de spécialistes", et comme le dit Philippe Meirieu, très attaché à ce festival dont il a été, il y a de cela 5 ans, le président du jury, et qui revenait cette année pour une conférence, le cinéma et la littérature ont "un pouvoir d’ébranlement" que n’aura jamais un traité de sciences de l’éducation. "Je dis souvent, au risque de choquer mes amis psychologues, que la lecture du Sagouin (de Mauriac, ndlr) est plus formatrice que celle de l’œuvre de Piaget."

    L’ancien responsable d’une chaîne de télévision éducative (Cap Canal) s’intéresse de plus au rôle de l’art et de l’image dans l’éducation. N’est-ce pas un moyen de "restaurer l’inquiétude au cœur de la parole" et d’éviter, pour l’enseignant comme pour l’élève, qu’elle ne soit vidée de sens, pour reprendre une formule utilisée dans la conférence qu’il a donnée (et qui était sans rapport direct avec le cinéma, mais avec la démocratie) ? Il s’agit, au minimum de sortir les élèves de leurs habitudes. Comme le dit à ToutEduc Mathieu, un élève de terminale du lycée Senghor, qui est partenaire du festival auquel contribue chaque année ses sections audio-visuelles, "ça nous change des films américains qui représentent 90 % de ce que nous allons voir, et nous voyons ici ce que nous n’aurons jamais dans des films commerciaux." Le professeur, Franck Tuleff, ajoute que les interviews de cinéastes et d’autres professionnels de l’image animée, réalisées "dans l’urgence", permettent qu’élèves de seconde, première et terminale, avec les trois enseignants concernés, partagent durant quatre jours, "la même passion". Et, ajoute Mathieu, "les réalisateurs ont besoin de nous, du regard que nous portons sur leur film pour mieux comprendre ce qu’ils ont fait".

    C’est bien ce que Cécile Rousset, l’une des co-réalisatrices du "COD et le coquelicot", vient chercher dans les festivals. Comme leur film est un court-métrage documentaire, mais aussi un dessin animé à l’esthétique très originale, qu’il entre donc dans plusieurs catégories, elle et Jeanne Paturle sont invitées dans des rencontres très diverses. "On apprend, on voit les films des autres, à force de croiser des gens, ça nourrit des projets futurs, l’envie de faire, et en plus, on croise parfois des producteurs. Je suis professeur d’arts plastiques, Jeanne est éducatrice spécialisée, la réalisation est, pour chacune de nous, un second métier, nous ne cherchons pas à en vivre, nous venons parce que nous sommes invitées, parce que ça nous fait plaisir."