Le Festival du film d’Éducation


C’ est d’abord un festival de cinéma! Autour de l’Éducation, des films, des débats, des initiatives lycéennes‚  rassemblent la communauté éducative‚ les réalisateurs‚ les spectateurs... sur un regard soucieux de l’avenir de l’Éducation.
 Quand l’Éducation s’occupe de cinéma, elle participe à la construction de jeunes citoyens critiques face à toutes les images, dans lesquelles ils sont Immergés.Quand le cinéma s’occupe d’éducation, il participe à la construction d’une société humaine plus intelligente et solidaire.

Christian Gautellier

Directeur du festival


    • Dépêche Agence de presse ToutEduc, 23 novembre 2015

"Le cinéma est un outil formidable pour les enseignants et les éducateurs, dans tout type de situation" s’exclame Christian Gautellier. Le directeur du festival européen du film d’éducation achève de visionner tous les films de la sélection, qui seront projetés du 1er au 5 décembre à Evreux, après les attentats et avant les élections régionales, entre deux séquences de natures très différentes, mais qui donnent à l’évènement un relief particulier.


  • ToutEduc : En quoi cette 11ème édition est-elle différente de la 10ème ?

    Christian Gautellier : Elle confirme l’orientation européenne et internationale que nous avons prise l’an dernier. Le fait que nous ayons le soutien de la Commission européenne et du programme Médias " Europe Créative" nous oblige à aller chercher d’autres filmographies, de pays européens mais aussi du reste du monde, puisque au total, 24 pays seront représentés dont 20 européens, et nous donnons des "cartes blanches" au Brésil, au Luxembourg et à l’Albanie. Nous sommes amenés à réfléchir en termes de grandes problématiques, de sujets qui transcendent les particularismes, la tentation du franco-français. Mais en même temps, chacun de ces films est profondément ancré dans un lieu, une histoire, un milieu donné, dans le local. C’est ce double mouvement qui donne une force nouvelle au festival.

    ToutEduc : Qu’est-ce qu’un film d’éducation ?

    Christian Gautellier : C’est un film qui raconte des histoires de vie, qui évoque la situation des enfants et des jeunes, la transmission entre les générations, au sens très large du terme. La plupart des films que nous avons sélectionnés sont accompagnés d’un dossier pédagogique, élaboré avec Canopé. Rappelons que le festival, ce n’est pas uniquement Evreux au mois de décembre, c’est toute l’année, avec ses 25 déclinaisons dans de nombreuses villes de toutes les régions de métropole et des outremers et plus de 120 lieux de diffusion, où ils peuvent servir de base de travail pour les jeunes, dans un cadre scolaire ou hors scolaire et pour tous les éducateurs. D’ailleurs, à Evreux, la place spécifique qu’y occupent les jeunes se trouve consolidée, avec un "parcours jeunes critiques de cinéma" pour des lycéens, des activités avec les "centres de loisirs" de la ville, la réalisation sur place de "web reportages", une programmation spéciale "jeune public" avec des séances dédiées dans deux salles de 300 et 500 places. Nous avons une sélection d’une quinzaine de films pour les enfants des écoles élémentaires, et une autre pour les enfants de 6ème-5ème ou de 4ème-3ème. Nous souhaitons également toucher le plus possible d’enseignants et d’éducateurs ainsi que les parents et au-delà les citoyens.

    ToutEduc : Pensez-vous vraiment qu’un film soit, par lui-même, éducatif ?

    Christian Gautellier : Quand je pense à "Trop noire pour être française", le récit autobiographique d’une jeune femme dont le grand-père africain a épousé une Française, ou à "Dancing in Jaffa" qui présente ce travail pour faire danser ensemble des jeunes Israéliens et des jeunes Palestiniens, des filles et des garçons, ou à "Toto et ses sœurs" où l’on voit par où doivent passer certains enfants roumains pour simplement survivre, je me dis que oui, le cinéma est au cœur des enjeux de notre société, qu’il constitue en soi un espace de culture et d’éducation qui permet de saisir la complexité du monde, et qui donne envie de faire des choses ensemble, dans un monde pluriel et arc en ciel... C’est important alors que, si l’on en croit les sondages, de plus en plus de jeunes sont tentés par l’abstention ou le vote FN. Avec le cinéma, nous ne sommes pas dans des apprentissages au sens traditionnel du terme, même si des enseignants peuvent exploiter pédagogiquement un film, mais nous sommes dans la compréhension du monde et des valeurs de l’humanité... Nous avons chaque année des grandes conférences, et pour cette édition, elles auront pour thèmes des grandes questions citoyennes et sociétales, en lien avec "l’après Charlie" et …hélas, en plein écho aux événements tragiques que nous venons de vivre.

    ToutEduc : Quels sont les autres évènements de cette édition ?

    Christian Gautellier : Nous projetons en ouverture et en avant première le magnifique film de Nanni Moretti, Mia Madre, et en clôture La Sociologue et l’Ourson, un documentaire dans lequel Mathias Théry met en scène avec des peluches ses discussions avec sa mère, la sociologue Irène Théry ; il voulait "comprendre pourquoi tout le monde en France s’est engueulé pendant un an sur le mariage pour tous". La sélection des films en compétition est très riche, très diversifiée... Il faut venir !

    Le festival est organisé par les CEMEA en partenariat avec la Ville d’Evreux, Canopé, l’Ecole nationale de la PJJ (protection judiciaire de la Jeunesse), la CAF de l’Eure et la CNAF, les ministères de l’Education nationale, de l’Outre-mer, des Affaires sociales, du Travail, de la Jeunesse et de la Ville, de la Culture, le département et la Préfecture de l’Eure, la Région Haute Normandie, le Commissariat à l’égalité des territoires, l’ANLCI et reçoit un soutien important de la MGEN, de la Casden, de la Maif et de la Mae, ....

    1. Documents joints