Le Festival du film d’Éducation


C’ est d’abord un festival de cinéma! Autour de l’Éducation, des films, des débats, des initiatives lycéennes‚  rassemblent la communauté éducative‚ les réalisateurs‚ les spectateurs... sur un regard soucieux de l’avenir de l’Éducation.
 Quand l’Éducation s’occupe de cinéma, elle participe à la construction de jeunes citoyens critiques face à toutes les images, dans lesquelles ils sont Immergés.Quand le cinéma s’occupe d’éducation, il participe à la construction d’une société humaine plus intelligente et solidaire.

Christian Gautellier

Directeur du festival


    • Festival du film d’éducation : la formation des animateurs, pour une éducation critique aux médias

Dépêche de Tout Educ, suite à la onzième édition du Festival européen du film d’éducation, parue dans Scolaire, Périscolaire, Culture, le lundi 07 décembre 2015.


  • Les animateurs socio-culturels ont souvent une bonne connaissance technique des médias audio-visuels et numériques. Mais ils ne sont pas toujours armés pour répondre aux questions des jeunes, ni pour leur donner une éducation critique aux médias. C’est partant de ce constat que François Laboulais, responsable aux Ceméa du Pôle médias, éducation critique et citoyenneté, a répondu à un appel à projets du FEJ (fonds d’expérimentation pour la Jeunesse), la première année de l’action se finalise au festival du film d’éducation d’Evreux. François Laboulais : Cet appel à projets porte sur les "pratiques innovantes du numérique", sachant que les jeunes ont quelques difficultés à cerner la différence entre espace privé et espace public, qu’ils croient être anonymes sur la toile et qu’ils peuvent y prendre des risques... Les éducateurs ont l’impression d’être incompétents pour déconstruire ces représentations. L’éducation aux médias suppose qu’ils aident les jeunes à produire eux-mêmes, mais ils restent trop souvent dans le faire, dans les moyens, quand il faudrait qu’ils sachent organiser un cadre où cette prise de risque soit possible, et où chacun assume ses propos.

    ToutEduc : En quoi le festival du film d’éducation participe-t-il à cette formation des éducateurs ? François Laboulais : Les jeunes lycéens invités sont en position de journalistes. Ils participent à des comités de rédaction, ils définissent les sujets qu’ils vont traiter, les interviews qu’ils vont faire. Certains vont oser dire "je" pour critiquer un film, en général très positivement, parce qu’ils s’y sont reconnus. Pour écrire leurs articles, ils doivent aller sur la toile chercher des informations complémentaires, vérifier l’orthographe d’un nom propre... Le rôle de l’éducateur est bien sûr de les aider à trouver les bonnes ressources, mais surtout de les accompagner, de les voir évoluer, de les aider à prendre un peu de distance avec leur objet, à identifier les bonnes questions selon qu’ils s’adressent à un programmateur (pourquoi avoir choisi ce film ?), à un producteur (quel public visez-vous ?), à un réalisateur (comment avez-vous filmé ?), etc.

    ToutEduc : Il s’agit donc de guider les jeunes ... François Laboulais : Il s’agit pour les éducateurs de créer un cadre où les jeunes peuvent prendre des initiatives et de les accompagner dans leur démarche. Tel adolescent qui est au festival peut se passionner pour le travail du projectionniste. Très bien. Favorisons un parcours pour ce projet.

    ToutEduc : Le cinéma est particulièrement propice à ces prises de conscience ? François Laboulais : C’est le festival qui l’est, en tant qu’évènement culturel. Les jeunes sont là sur la durée, et on peut réunir des animateurs venus de plusieurs régions pour une formation commune. Cette année, nous sommes en phase expérimentale. Mais le but est d’avoir dans cinq régions de métropole (Nord-Pas-de-Calais, Haute et Basse-Normandie, Aquitaine, PACA) et à Mayotte 8 structures, donc 48 dans deux ans, qui développent des actions collaboratives autour de l’utilisation d’internet pour des projets mêlant l’image animée et le son, et liés aux évènements culturels d’un lieu. Le but doit être, à chaque fois, de s’adresser aux jeunes du territoire. L’implication, la participation des jeunes lors d’évènement sur leur territoire est un axe clé du projet. Nous constatons que les jeunes Arlésiens ne vont pas aux rencontres photographiques, que les jeunes Avignonnais ne vont pas au festival... ? Etre web-journaliste est une manière d’entrer dans un environnement culturel, par le numérique, par l’expression, par des rencontres humaines, par la publication sur le net, dans une démarche collective.